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Interview PRIX « S'il n'y avait qu'une image »

Hélène MAURI, Infirmière et photographe, Institut Curie de Paris

La photographie est la base de votre projet. Quelle en est la démarche et la nature de ces "images" ?
Dans le projet « S’il n’y avait qu’une image » je propose à des patients ayant une maladie grave, évolutive ou en fin de vie de réaliser une photographie qui représenterait pour eux quelque chose d’unique et essentiel et qui pourrait les aider de façon positive face à la maladie. Les photos demandées peuvent être un souvenir, un lien avec l’enfance, un lieu géographique bien précis, le portrait d’une personne en particulier, etc. Une fois la photographie réalisée, je leur offre un tirage de cette image qui est accroché au mur de leur chambre d’hospitalisation. Dans la restitution finale du projet, l’image est présentée avec le prénom du patient, son âge et le texte de sa demande.

Quelles sont les contraintes à gérer pour mener à bien la prise de ces photos ?
La contrainte principale est le temps : chaque demande est urgente. Selon l’évolution de la maladie, un transfert dans une autre unité ou le retour à domicile, mon objectif est de rapporter la photo le plus rapidement possible. Cela peut être dans les 2 ou 3 jours après la commande. Il n’y a autrement pas de limite fixée sur le type de photographie et son lieu. La prise de certaines photos peut cependant demander des déplacements plus ou moins lointains ; certains endroits peuvent également être difficiles à trouver. En parallèle de l’accompagnement du patient, ce projet est aussi une réelle démarche photographique, de la prise de vue jusqu’au choix de l’image rapportée au patient.

Eté 2013, une expérience auprès d'un proche vous donne l'occasion d'initier votre projet.
Pouvez-vous nous la dévoiler ?
Une personne de mon entourage m’annonce, en effet, le diagnostic de son cancer. Je pense alors à lui pour être la première personne de mon projet. Son choix de photo est sans équivoque : la cascade d’Arles-sur-Tech. Il m’avoue la visualiser quand il est décontracté et en retirer beaucoup de Bien-être en imaginant « jeter » sa tumeur dans le flot de la cascade. Après ses indications et ses recommandations, je suis allée au lieu-dit et j’ai pris une photo de cette fameuse cascade. Celle-ci l’a accompagnée jusqu’à la fin de sa vie, une semaine après lui avoir ramené le tirage de cette image ; celle-ci est restée au même endroit où je l’avais déposée. L’apport positif de cette 1ere expérience m’a poussé à poursuivre ce projet afin d’en faire profiter d’autres patients.

Quels sont concrètement les retours et les bienfaits apportés aux patients de l'Institut Curie ?
Les bienfaits sont à plusieurs niveaux : pour le patient, la photographie lui apporte de la sérénité, une évasion et un soutien tout au long de sa maladie. D’ailleurs, certains n’hésitent pas à les emmener chez eux et à les ramener à l’hôpital lors de leurs hospitalisations successives. Dans ce projet intervient également une réflexion sur le cadre et l’environnement dans lequel se trouvent les personnes malades. En effet, je tente d’être un « médiateur » entre l’intérieur de la chambre et le monde extérieur dont le patient n’a pas ou plus accès. La réalisation d’une photographie puis d’un tirage, apporte dans cet espace un repère au patient, une fenêtre sur le monde. Pour les familles, cette image peut être l’occasion d’échanger avec le patient. La photo amorce aussi une communication supplémentaire avec les soignants et peut servir lors de soins. Cela a été le cas lors de séances d’hypnose pour minimiser le ressenti de soins douloureux. L’image réalisée participe ainsi au Bien-être du patient et à sa prise en charge globale.

Comment communiquez-vous auprès d'eux pour leur présenter votre projet ?
Avant de communiquer auprès des patients, j’ai présenté mon projet aux différents professionnels de santé au sein de l’établissement : aides-soignants, infirmiers, cadres de santé, médecins, kinésithérapeutes, etc. Ce sont eux, en fait, qui m’orientent vers les patients qui pourraient être intéressés. Bénévole d’action au sein de l’ASP Fondatrice, une association d’accompagnement et de développement des soins palliatifs, je me rends une fois par semaine à l’Institut Curie et, sur invitation de ces professionnels, je vais voir les patients concernés. Je leur présente le projet et les laisse libre d’accepter la démarche. Certains patients ont une idée très précise de ce qu’ils veulent. D’autres ont besoin d’un peu plus de temps. Je suis alors là pour en discuter avec eux.

En quoi vos compétences d’infirmière associées à celles de photographe sont un plus pour ce projet ?
Pour aborder la photo au service du patient, plusieurs capacités sont nécessaires : appréhender l’environnement dans lequel vit celui-ci au sein de l’établissement, savoir se positionner et gérer au mieux la relation et le respecter. L’expérience acquise depuis 9 ans en tant qu’infirmière dans différentes structures me paraît donc indispensable. Pour acquérir des outils supplémentaires pour le projet, j’ai également obtenu un Diplôme Universitaire en soins palliatifs. Je travaille actuellement à mi-temps en tant qu’infirmière dans un EHPAD. En expérimentant ma démarche au sein de l’Institut Curie en tant que bénévole, cela me permet de trouver une bonne position, un recul, auprès des patients. J’ai également une certaine neutralité vis-à-vis des soignants, tout en ayant une compréhension des situations et un respect des patients de par mon expérience de soignante.

Que va vous permettre de concrétiser le Prix remporté ?
Jusqu’à présent j’assurais le coût des tirages et des frais divers. Le Prix va me permettre de les prendre en charge. En parallèle à la prise de photos, je souhaiterais également faire connaître la démarche, la valoriser et à terme la développer dans d’autres établissements. Pour cela, une exposition ainsi qu’un ouvrage de référence sont prévus avec notamment le récent soutien de la Fondation Dominique et Tom Alberici. Le prix pourra également apporter un coup de pouce pour mettre en œuvre ces actions.

Comment avez-vous eu connaissance de la marque Any D’Avray et du Prix Infirmier ?
Lors des échanges avec les différents professionnels de santé de l’Institut Curie, j’avais abordé le fait que je recherchais des financements pour mon projet. Une cadre infirmière de l’Institut Curie m’a parlé du Prix et m’a encouragé à y participer.

L’enseigne « Any d’Avray » partenaire des équipes de soins, cela représente quoi pour vous ?
Que ce soit « Any d’Avray », les équipes de soins et tout autre acteur de santé, nous avons tous un sens commun : le patient et son Bien-être. Et c’est ce qui est le plus important selon moi.

 

 

 

 POUR EN SAVOIR PLUS sur « S’il n’y avait qu’une image » : www.helene-mauri.com

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