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Interview de Marie-Laure DE BOTTON, membre du jury

Marie-Laure DE BOTTON, membre du jury du Prix Infirmier Any d’Avray 2016 et Vice-Présidente de l’AFIC revient pour nous sur les primés de cette 22e édition.

Marie-Laure DE BOTTON, membre du Jury et Vice-Présidente de l’AFIC

Comment qualifiez-vous le « cru » 2016 ? y a-t-il des nouveautés à signaler ?
Pour l’édition 2016, nous avons reçu et évalué 11 projets soit quasi le même nombre que l’année dernière. Les thèmes abordés correspondent à la mouvance actuelle autour de l’activité physique adaptée, du bien être physique (bain thérapeutique) et psychologique (photographie, vision et pensée corporelle du cancer), d’ateliers d’éducation thérapeutique ainsi que du lien ville / hôpital. Les porteurs de projet proviennent de l’ensemble des régions et d’établissements différents.

Certains projets vous ont-ils plus intéressés que d’autres ?
Quelle que soit la thématique, c’est surtout l’énergie qui transparaît dans l’énoncé et le développement du projet qui m’intéresse. Je suis également sensible à l’implication des équipes soignantes pour améliorer les process de prises en charge autour et pour le patient. Le caractère innovant de ce qui est proposé pour répondre aux besoins du patient, en parallèle ou en complément des soins directs, me paraît aussi primordial.

Quels sont pour vous les critères déterminants pour faire un bon projet ?
Il est important qu’à la lecture du dossier le rôle essentiel et actif de l’infirmier se révèle dans la genèse et la mise en œuvre du projet. Ce projet doit également être une réponse à des besoins exprimés par les patients et identifiés par les soignants. Une équipe étoffée et un niveau de formation déjà acquis ou à acquérir ultérieurement est, me semble t’il, nécessaire.
Les propositions d’actions doivent être réalisables, pertinentes et surtout pérennes. Le montage financier nécessite d’être explicite afin de cerner au mieux la viabilité du projet. Des éléments contextuels, réglementaires ou des enseignements issus de la recherche peuvent par ailleurs éclairer les dossiers proposés et leur apporter encore plus de crédibilité.

Le nombre de dossiers déposés semble stagner. Quelles pourraient en être l’explication ?
Les critères d’éligibilité ne semblent pas expliquer cette tendance. Ils sont certes exigeants mais ils sont connus de tous et le site internet est assez simple pour faciliter le dépôt des candidatures.
Les raisons sont plus en lien, à mon sens, avec un manque de temps au quotidien pour travailler sur un projet et se poser pour le formaliser. Un frein au dépôt de candidature pourrait également s’expliquer par la culture soignante du faire, du faire au mieux pour les patients, sans réflexe forcément de mettre en lumière et formaliser nos savoirs faire. Communiquer sur nos pratiques n’est donc pas aussi facile et « inné » et encore moins sur des projets.

Voyez-vous des moyens d'impliquer d'avantage les équipes soignantes ?
Nous pouvons, en tant que Cadre de Santé, impulser, et faire émerger dans nos équipes soignantes les initiatives au bénéfice des patients. Il est aussi important d’accorder du temps de réflexion pour l’amélioration, prendre un moment pour faire le point sur nos actions et réfléchir pour inventer.
Le retour des projets primés pourrait également être un plus à plusieurs niveaux : il permettrait de faire rayonner les actions mises en œuvre par les équipes récompensées pour en tirer les enseignements. Ce retour d’expérience pourrait aussi inciter d’autres équipes à oser se porter candidates. Des journées comme les RIO sont aussi des opportunités pour promouvoir ces initiatives locales.

En tant que membre du Jury, quel est votre avis sur l'expérience acquise ?
Participer en tant que membre de l’AFIC au jury du prix Any d’Avray est très enrichissant et mobilise la même implication et le même engagement que ceux attendus sur les projets. Après la première phase de découverte des projets, d’évaluation objective et personnelle, la délibération en jury nous permet de confronter nos points de vus. Nos sensibilités, nos valeurs et nos appartenances à la fois institutionnelle, et sur des axes et des temps de la prise en charge en cancérologie différents, alimentent les débats pour aboutir au consensus final.

Selon vous, qu’apporte l’enseigne « Any d’Avray » en soutenant le Prix infirmier ?
L’enseigne Any d’Avray apporte du crédit en soutenant et en valorisant les initiatives et projets infirmiers destinés aux patients en cancérologie. Il s’agit, pour les projets primés, non seulement du support financier nécessaire à la mise en œuvre pour tout ou partie du projet (achat de matériel, plan de formation, aide au financement de temps soignant…) mais aussi, et surtout, cela participe à la reconnaissance et à la valorisation des équipes impliquées et motivées qui œuvrent auprès et pour les patients, en cancérologie.

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